À propos
historique de la ville
La première mention documentaire de Bönnigheim apparaît dans le
codex de Lorsch. Dans un document daté du 16 février 793, la religieuse Hiltburg lègue les paroisses de Bönnigheim, Erligheim et Cleebronn à l’abbaye de Lorsch, et c’est grâce à ce legs que Bönnigheim passe à l’évêché de Mayence. Le monastère de
Hirsau achète plus tard le village en fief et le vend en 1284 au monastère de Bebenhausen.
À cette époque, la ville, qui dépendait encore de l’évêché de Mayence, fut divisée entre quatre familles nobles : les seigneurs de
Sachsenheim, Liebenstein, Gemmingen et Neipperg. Chacun des héritiers reçut droit à un quart de la ville. La même situation héréditaire prévalait à Erligheim, ville voisine.
Il est impossible qu’une ville soit divisée en quatre parties sans que cela affecte la vie de la communauté. Il n’est d’ailleurs guère surprenant qu’une telle situation ait donné lieu à des querelles entre les héritiers eux-mêmes. C’est ainsi qu’une trêve locale fut conclue en 1388, donnant ainsi à Bönnigheim ses premiers statuts. Aux termes de cette trêve, les quatre héritiers convenaient qu’un « Baumeister » serait élu parmi eux tous les deux ans (puis tous les trois ans), chargé de l’administration de la ville. Le « Baumeister » s’installa au château. Cet accord prévoyait également l’élection du conseil municipal et du maire, ainsi que la nomination d’un
bailli. Lors de la révolte des paysans, le château fut incendié. Reconstruit en 1546, il fut partiellement démoli en 1697. Le château est resté tel quel aujourd’hui.

Le château de Bönnigheim, où vécut la grande collectionneuse d’art naïf et d’art brut Charlotte Zander, est devenu le Musée Charlotte Zander et en expose la collection. On y trouve, entre autres, des œuvres du Douanier Rousseau, d’André Bauchant et de Ferdinand Desnos.
Bönnigheim s’enorgueillit d’être la toute première ville au monde à avoir résolu une affaire criminelle en étudiant la balistique de l’arme qui avait servie a tuer le maire de la commune. Lorsque le maire de Bönnigheim fut abattu en rentrant de l’auberge en 1835, personne ne se doutait que cette affaire marquerait l’histoire. L’affaire battit plusieurs records : la balistique médico-légale fut utilisée pour la première fois au monde. La récompense n’a été versée aux États-Unis qu’en 2018 aux descendants de l’homme qui avait résolu l’affaire. Que s’est-il passé ? Comment le coupable a-t-il pu s’échapper ? Quelles erreurs l’enquêteur a-t-il commises ? Et comment l’affaire fut-elle résolue 37 ans plus tard à Washington ? L’auteur du coup mortel était un soldat de passage qui avait voulu se faire embaucher par les services de la mairie. Le maire, connaissant l’individu refusa, mais son refus tomba dans l’oreille du soldat en question qui, pour se venger, l’abattit d’une balle. Il s’enfuit ensuite aux Etats Unis, mais la balistique le rattrapa.






L’église de Bönnigheim est l’une des quatre dernières églises du Baden-Württemberg à posséder encore un chancel* qui sépare le prêtre des fidèles. En effet, la réforme engendrée par Martin Luther rendit cette séparation obsolète, et la plupart des lieux de cultes la supprimèrent, arguant que les croyants ne faisaient qu’une seule et même famille qu’il ne fallait pas diviser. Dans cette église encore, figure un tableau représentant un couple et leurs 53 enfants. L’épouse donna naissance à des jumeaux 12 fois, et à plusieurs triplés. Beaucoup de ces enfants moururent en bas âge, et les plus âgés ne dépassèrent pas l’âge de 9 ans. Le couple lui même mourut sans enfant. L’empereur Maximilien vint lui même s’enquérir de la véracité de cette histoire, qui lui fut confirmée par la juridiction locale. Le clocher de cette église s’élance vers le ciel en faisant un tour sur lui même, lui donnant cet aspect tournoyant. La légende dit qu’il en est ainsi à cause du mariage en l’église d’une jeune fille qui n’était plus vierge. Le clocher reprendra son aspect droit lorsque q’une vraie vierge s’y mariera.
* Le jubé se compose de trois éléments : la tribune (le jubé proprement dit), la clôture (dite « chancel ») et le groupe sculpté de la crucifixion. De la tribune on lisait l’Évangile et on prêchait (les chaires lui ont succédé dans cet emploi).



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